Louis Alexandre Cambron et la sucrerie Bernard (1841)

Louis Alexandre CAMBRON était surveillant à la sucrerie Bernard en 1841. Il habitait d’ailleurs à la sucrerie (recensement de Santes en 1841) puis il est nommé comme contremaître de fabrique en 1844 (témoin à Santes sur l’acte de naissance de Maurice BERNARD le 13 octobre 1844 fils du patron de la sucrerie) A la naissance de ses enfants il est mentionné comme commis négociant en 1843, 1845, 1846, en 1848 à la mort de sa fille, sur le recensement de 1851 et commis sur le recensement de 1861. Il est mentionné comme rentier à partir du recensement de 1872. Il devait donc être commis négociant en charbon. Devant sa villa, le petit bâtiment construit en front à rue était mentionné comme magasin de charbon. Louis Alexandre CAMBRON a été conseiller municipal de Santes de 1846 à 1852. Il a été élu le 9 août 1846 sous le mandat d’Edouard FREMAUT maire de 1843 à 1848. Il a été réélu le 30 juillet 1848 sous le mandat de Félix BERNARD maire de 1848 à 1865. En 1848, Louis CAMBRON se dévoua avec sa femme Aglaé LELEU pour soigner et visiter les mourants victimes d’une épidémie de choléra à Santes
Louis Alexandre CAMBRON était un fervent royaliste et avec son ami le Comte d’HESPEL, il alla à Frosdorf (Autriche) rendre visite au Comte de CHAMBORD.
Suite au 1er plébiscite du président Louis-Napoléon BONAPARTE le 20 décembre 1851, Il a refusé de prêter serment le 7 mai 1852. Il ne se présenta pas aux élections municipales du 5 septembre 1852 (extrait du livre à paraître en novembre 2020 sur les maires de Santes).
Ils eurent trois enfants à Santes, Marie en 1843, Henri en 1845 et Valentine en 1846. Valentine est décédée du choléra le 30 novembre 1848 à Santes (ADN M305-16)

Vue prise vers 1908 de la rue de Maugré (avenue Albert Bernard) A gauche la sucrerie et à droite les caniveaux, la bascule et la ferme

Il a fait construire à Santes la villa Cambron en 1849 sur un terrain de 2145m² acquis vers 1847. Son épouse y est décédée en 1887. Leur fille Marie (Santes 1843 – Seclin 1897), mariée à Henri LIENART (Houplin-Ancoisne 1839 – Seclin 1884) brasseur à Seclin, en a hérité et l’a louée à Jules BERNARD, fils du patron de la sucrerie.
Après le décès de Marie en 1897, sa fille Germaine Clémence LIENART vendit la villa les 25 et 29 novembre 1897 devant maître COLLETTE notaire à Seclin à Dominique BERNARD, frère de Jules, et patron de la sucrerie avec ses cousins Charles et Albert BERNARD. Dominique a agrandi la villa sur la gauche par une tour et sur l’arrière. Il a agrandi la propriété portant le parc à 12 258m².

Louis Alexandre CAMBRON est décédé à Fournes chez son fils Henri à la ferme de Coupigny qui existe toujours. La tombe de Louis Alexandre CAMBRON, de son épouse et de leur fille Valentine est dans le cimetière de Santes juste en face du portail du clocher de l’église St-Pierre à l’entrée du cimetière.
(source Dominique FACON, Adèle DETOURNAY)

Notes sur la sucrerie

Dans la partie raffinerie, le sucre cristallisé légèrement roux, que la sucrerie avait extrait des betteraves, y était raffiné. Ce sucre y était clarifié, décoloré et tamisé pour donner le sucre blanc cristallisé. Il était alors mis en paquet ou moulé pour donner des pains de sucre ou par la suite du sucre en morceaux. Des jeunes gens et des femmes travaillaient à l’empaquetage du sucre, à l’emballage des pains dans du papier bleu foncé et à la mise en caisse. Ils étaient payés à la pièce et certaines femmes par leur habileté gagnaient autant que les hommes. Les caisses de pains de sucre et les paquets étaient ensuite envoyés à la maison Bernard Frères à Lille pour être mis en boîte de un kilo10

Cette usine était une fabrique et raffinerie de sucre de betterave. Les bâtiments érigés devaient traiter les betteraves pour en extraire le sucre et ensuite le raffiner et le présenter souvent sous forme de pains de sucre. L’usine devait être équipée d’une machine à vapeur de dix chevaux à moyenne pression fonctionnant à deux atmosphères. L’écoulement des eaux de l’usine et la hauteur de la cheminée de la chaufferie étaient soumis à certaines réglementations

.
Les premières années de la sucrerie furent rendues difficiles par les mesures gouvernementales de 1837 et 1839. En 1838, sa production avait baissée d’un cinquième. Mais l’essor qu’elle connut ensuite entraîna des travaux d’agrandissement, d’adjonction de bâtiments, d’ateliers. Ces travaux se renouvelèrent entre 1845 et 18507.
En 1854, BERNARD décida d’adjoindre à l’usine une distillerie de jus de betterave. L’information de commodo et incommodo se tint à la mairie le 29 août 1854.
En 1855, l’usine comptait quatre machines à vapeur, huit presses hydrauliques, un gazomètre, deux fours à revivifier le noir animal, qui servait à filtrer le jus de betterave. Elle absorbait dix à onze mille tonnes de betteraves par an et produisait soixante-dix à quatre-vingt milles pains de sucre par an8.
En 1863, l’ensemble des bâtiments de l’usine occupait une surface d’environ 3 300 m². La raffinerie et la sucrerie occupaient la majorité de l’espace proche du château. Au nord, se trouvaient les ateliers : forge, charron, atelier de peinture. Une serre située en bordure de l’usine faisait face à l’un des jardins du château et était probablement chauffée par les conduites de vapeur de l’usine9.
Plan de la sucrerie en 1863
N°487 : le Grand Château N°479 et 478 : Forge et charron
N°482 : la sucrerie-raffinerie N°480 : Serre
N°483 : Maison du concierge N°481 : Atelier de peinture

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